Joujou ILEO : hier stagiaire chez Airtel, aujourd’hui DRH dans la même entreprise

Elle avance sans bruit, mais jamais sans force,
Sous les regards, elle trace sa propre voie,
Entre rigueur et grâce, elle tient, elle ose.

Ni les détours ni les épreuves ne l’arrêtent,
Elle porte ses valeurs comme une lumière,
Et fait de chaque pas une preuve d’elle-même.

Joujou ILEO obtient sa licence en droit à l’UPC avec l’idée de s’orienter vers une carrière juridique. Pourtant, ses premiers pas professionnels la conduisent dans un tout autre univers. Elle débute dans une association dédiée à l’accompagnement des femmes, où elle intervient comme conseillère auprès de victimes de violences sexuelles et de personnes confrontées à des troubles psychologiques ou à des situations sociales difficiles. Elle y apprend à écouter sans juger, à instaurer un climat de confiance et à accompagner avec humanité des personnes fragilisées. Cette expérience forge chez elle une sensibilité particulière aux réalités humaines et une capacité à comprendre les individus dans leur complexité.

Elle rejoint ensuite une compagnie d’aviation en tant qu’agent de comptoir. Dans ce rôle, elle est en première ligne face aux passagers : elle s’occupe de l’enregistrement, vérifie les documents de voyage, gère les bagages, oriente les clients et fait face aux imprévus comme les retards ou les modifications de vol. Elle évolue dans un environnement exigeant où la rigueur, la rapidité et la gestion du stress sont indispensables. Elle y développe également un sens du service client solide, en interaction avec des profils variés, parfois exigeants.

C’est dans ce contexte qu’elle entend parler d’une opportunité chez Airtel. Elle postule en espérant un emploi, mais se voit proposer un stage au service clientèle, loin de sa formation initiale. Elle accepte. Au quotidien, elle participe à l’ouverture des lignes SIM, accueille les clients et répond à leurs préoccupations. Elle apprend à communiquer efficacement, à aller à l’essentiel et à gérer un volume important de demandes.

Peu de temps après, Airtel déploie ses activités à l’aéroport de Ndjili et constitue une équipe sur place. Joujou est retenue, notamment en raison de son expérience dans l’aviation. Cette étape montre que certaines expériences, même éloignées, peuvent devenir déterminantes. À l’aéroport, le rythme est intense. Les journées commencent parfois très tôt, avec des prises de service dès 4h du matin. Elle s’adapte à ces exigences, développe sa discipline et renforce sa capacité à tenir dans la durée.

Après six mois, elle obtient un contrat au sein d’Airtel, toujours au service clientèle. À ce stade, elle n’évolue pas encore dans les ressources humaines et ne sait pas clairement comment y accéder. Mais une opportunité interne se présente : un poste d’assistant en ressources humaines. Elle postule et est retenue. Ce moment marque un véritable tournant.

Elle commence alors à construire sa carrière dans la fonction RH. D’abord impliquée dans des tâches administratives, elle élargit progressivement son champ d’action. Elle devient Human Resources Business Partner, puis prend en charge des responsabilités liées au recrutement, à la gestion des carrières, à la formation, au développement des collaborateurs et à l’engagement des équipes. Elle intervient également sur la gestion de la performance et les politiques RH.

Son parcours prend une dimension internationale lorsqu’elle est envoyée chez Airtel Zambia à Lusaka. Elle y travaille sur le développement des talents, l’engagement des collaborateurs et la mise en œuvre des initiatives RH en lien avec les objectifs de l’entreprise. Cette expérience renforce sa vision et sa capacité à évoluer dans des environnements différents.

Parallèlement à son évolution professionnelle, elle renforce son bagage académique. Elle obtient un Master of Business Administration (MBA) à Beulah Heights University entre 2017 et 2019, puis une certification en coaching en développement personnel, coaching de vie et coaching en entreprise à l’Académie Européenne de Coaching à Bruxelles entre mars et septembre 2022. Ces formations viennent structurer davantage sa pratique et enrichir son approche du développement des talents et de l’accompagnement humain.

De retour en RDC, elle poursuit son évolution et occupe des fonctions de plus en plus larges. Elle prend en charge le management des talents, leur développement, leur fidélisation, ainsi que la structuration des parcours professionnels. Elle intervient aussi sur la formation, la gestion de la performance, la rémunération et l’organisation du travail. Son rôle devient progressivement plus stratégique, avec une implication directe dans les décisions liées au capital humain.

Aujourd’hui, elle occupe la fonction de Directrice des Ressources Humaines chez Airtel RDC. Elle participe à la définition et à la mise en œuvre des orientations RH de l’entreprise, en lien avec les enjeux de performance et de transformation.

Son histoire met aussi en avant une force constante : la résilience. Elle a su avancer dans des environnements exigeants, s’imposer par la qualité de son travail et affirmer ses valeurs en tant que femme. Elle a poursuivi son engagement professionnel tout en assumant sa maternité, sans considérer la grossesse comme une limite, mais comme une réalité à intégrer avec discipline et détermination.

On peut observer dans son parcours qu’une carrière ne suit pas toujours un plan défini à l’avance. Certaines expériences prennent leur sens avec le temps. Les compétences construites progressivement, la capacité d’adaptation et la constance dans l’effort ouvrent des opportunités et permettent d’accéder à des responsabilités plus élevées.

Ce que l’on peut retenir de sa carrière tient en quatre points simples. D’abord, les débuts ne déterminent pas la finalité : elle n’a pas commencé dans les ressources humaines, pourtant elle y a construit toute sa trajectoire. Ensuite, chaque expérience compte : son passage dans l’aviation a joué un rôle décisif à un moment clé. Troisièmement, la résilience fait la différence : elle a su tenir dans des environnements exigeants tout en assumant ses responsabilités personnelles. Enfin, savoir saisir les opportunités internes a été déterminant : son entrée en ressources humaines s’est faite grâce à une ouverture qu’elle a su reconnaître et saisir.

Elle jouit aujourd’hui d’une réputation de professionnelle reconnue pour la qualité de son écoute, tout en restant exigeante dans son travail et dans ses attentes.

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Banquier panafricain : l’ascension de Kasim Kayode Yaya jusqu’à la direction de Citi RDC

La carrière de Kasim Kayode Yaya, aujourd’hui Chief Executive Officer de la filiale congolaise de Citigroup, correspond au profil d’un dirigeant bancaire ayant construit son expérience entre l’Europe et plusieurs marchés africains. Son parcours s’inscrit dans la dynamique d’un secteur financier africain marqué par la mobilité des cadres et par l’émergence de dirigeants capables d’évoluer dans différents environnements bancaires.

Comme beaucoup de professionnels de la finance internationale, Kasim Kayode Yaya débute sa carrière par des fonctions techniques qui permettent de comprendre les mécanismes fondamentaux de l’activité bancaire. Ses premières expériences professionnelles se déroulent en France. Il travaille d’abord comme analyste du risque de crédit au sein de Caisse d’Epargne Bretagne Pays de Loire à Nantes. Dans cette fonction, il analyse les dossiers de financement, évalue la solvabilité des emprunteurs et participe aux décisions d’octroi de crédit.

Il poursuit ensuite son expérience à Paris au sein de BNP Paribas, dans le quartier d’affaires de La Défense, où il exerce également comme analyste du risque de crédit. Ce type de poste constitue une étape importante dans la formation des professionnels de la banque, car il permet d’acquérir une compréhension approfondie de l’analyse financière et de la gestion des risques.

Après cette expérience européenne, Kasim Kayode Yaya poursuit sa carrière sur le continent africain. Il rejoint le groupe BGFIBank, l’un des principaux groupes bancaires d’Afrique centrale. Cette étape marque le début d’une progression professionnelle qui le conduira à occuper plusieurs fonctions dans différents pays.

Au Gabon, il occupe d’abord le poste de Corporate Relationship Manager, où il gère un portefeuille d’entreprises clientes et structure des solutions de financement adaptées aux besoins des sociétés. Il devient ensuite directeur d’agence, fonction qui lui donne une expérience de gestion opérationnelle et de management d’équipe.

En 2013, il est promu Head of Corporate Banking Center au sein de BGFIBank au Gabon, où il supervise les activités de financement des grandes entreprises et participe à la structuration d’opérations de financement importantes.

En 2014, il est nommé directeur commercial et marketing de BGFIBank en Guinée équatoriale. Il supervise plusieurs segments de la banque, notamment la banque des entreprises, la banque privée, la banque de détail ainsi que les activités de marketing et de communication. Il participe aussi au développement de produits bancaires digitaux.

En 2017, Kasim Kayode Yaya devient directeur général de BGFIBank Sénégal. À Dakar, il dirige l’ensemble des activités de la banque et met en œuvre une stratégie visant à renforcer la performance financière et la présence commerciale de l’établissement.

En 2019, il rejoint BGFIBank Bénin comme directeur général adjoint. Il participe à la gestion globale de la banque et contribue au développement commercial ainsi qu’à la transformation des activités de l’établissement.

En 2023, il rejoint Baobab Group à Paris en tant que Group Director Banking Operations. Il supervise les opérations bancaires du groupe dans plusieurs pays africains et participe au développement de nouveaux services financiers destinés aux petites et moyennes entreprises.

Sa carrière l’a conduit à travailler dans plusieurs marchés africains, notamment au Gabon, en Guinée équatoriale, au Sénégal, au Bénin et aujourd’hui en République démocratique du Congo. Cette expérience régionale lui donne une connaissance concrète des systèmes bancaires d’Afrique centrale et d’Afrique de l’Ouest.

En octobre 2025, Kasim Kayode Yaya est nommé Chief Executive Officer de Citi en République démocratique du Congo. Il dirige la stratégie de la banque dans le pays, supervise la gouvernance, la gestion des risques et le développement commercial, tout en représentant l’institution auprès des autorités de régulation et des partenaires économiques.

La direction de la filiale congolaise de Citigroup représente une responsabilité importante. La banque joue un rôle majeur dans le financement des entreprises internationales, des projets d’infrastructures et des grandes transactions financières en République démocratique du Congo.

Une progression classique dans la banque

Le fonctionnement d’une banque repose sur plusieurs métiers spécialisés. L’observation réalisée par Management Times montre que les dirigeants bancaires gravissent généralement les échelons progressivement en occupant plusieurs postes avant d’accéder à la direction générale. Les débuts se situent souvent dans des fonctions techniques comme analyste crédit, analyste des risques, analyste commercial ou chargé d’affaires entreprises.

Avec l’expérience, certains prennent des responsabilités commerciales et managériales comme relationship manager, responsable corporate banking ou responsable commercial. Ils peuvent ensuite diriger une agence bancaire comme chef d’agence ou superviser une activité spécialisée comme trade finance, cash management ou trésorerie.

Les étapes suivantes conduisent vers des fonctions de direction telles que directeur du corporate banking, directeur commercial, directeur des risques, directeur des opérations ou directeur général adjoint, avant d’accéder éventuellement au poste de directeur général d’une banque.

La carrière de Kasim Kayode Yaya s’inscrit dans cette logique professionnelle. Elle commence dans l’analyse du risque, se poursuit dans les activités commerciales et managériales, puis se développe dans des fonctions de direction dans plusieurs pays africains. Cette expérience diversifiée lui donne une connaissance concrète du fonctionnement des institutions bancaires et des réalités des marchés financiers africains.

Air Congo lance ses vols internationaux : entretien exclusif avec Cécile SERAO, Directrice commerciale

Depuis décembre 2024, le paysage de l’aviation congolaise connaît un nouveau souffle avec le lancement des opérations d’Air Congo. Créée avec l’ambition de redonner à la République démocratique du Congo une compagnie aérienne moderne et compétitive, la jeune compagnie nationale s’est progressivement installée dans le ciel congolais en développant ses premières liaisons domestiques et en renforçant la connectivité entre plusieurs grandes villes du pays.

Après environ une année de sevrice, Air Congo a franchi plusieurs étapes importantes dans son développement. La compagnie a progressivement consolidé son réseau intérieur tout en renforçant sa flotte, notamment avec l’arrivée récente d’un nouvel avion, un Boeing 737-800, venu soutenir ses capacités opérationnelles. Cette montée traduit la volonté d’Air Congo de structurer un réseau solide et de répondre à une demande croissante de mobilité, aussi bien pour les voyageurs que pour les acteurs économiques.

Aujourd’hui, la compagnie se prépare à franchir une nouvelle étape avec l’ouverture progressive de nouvelles destinations régionales. Des villes stratégiques comme Johannesburg, Douala, Cotonou et Entebbe figurent parmi les routes envisagées, avec l’objectif de renforcer les échanges entre la RDC et les grands centres économiques africains.

 Pour les voyageurs congolais, qu’ils soient entrepreneurs, hommes d’affaires, étudiants ou membres de la diaspora, ces nouvelles liaisons représentent de nouvelles opportunités de déplacement et de connexion avec le reste du continent.

Mais au-delà de l’expansion de son réseau et du renforcement de sa flotte, le développement d’Air Congo repose aussi sur une vision, des valeurs et une organisation capable de soutenir cette croissance dans un secteur particulièrement exigeant.

Dans cet entretien, la Directrice commerciale d’Air Congo Cécile SERAO revient sur les premières réalisations de la compagnie depuis son lancement, les défis rencontrés durant cette première année d’activité, ainsi que les ambitions qui guident aujourd’hui son expansion vers de nouvelles destinations. Elle évoque également l’expérience que la compagnie souhaite offrir aux passagers et les perspectives qu’ouvre ce nouveau chapitre pour l’aviation congolaise.

🅼anagement Times 1. Air Congo a été lancée avec l’ambition de redonner à la RDC une compagnie aérienne moderne et compétitive. Après une année de fonctionnement, pensez-vous que votre compagnie est sur la bonne voie ?

Réponse / Cécile SERAO

Oui, après une année d’exploitation, nous pouvons affirmer qu’Air Congo est sur la bonne voie. La première année d’une compagnie aérienne constitue toujours une étape décisive, car elle permet de poser les fondations opérationnelles, commerciales et organisationnelles indispensables à une croissance durable.

Comme toute jeune compagnie, nous avons dû relever un certain nombre de défis, mais les progrès réalisés, la montée progressive en puissance de notre réseau et les retours positifs de nos passagers témoignent clairement de la pertinence de notre trajectoire. Notre ambition est de bâtir une compagnie solide, moderne et compétitive, capable de représenter dignement la République démocratique du Congo dans le paysage aérien régional et international.

🅼anagement Times 2. Il n’existe pas de grandes compagnies aériennes sans des valeurs fortes qui guident leur développement. Air Congo porte l’ambition de représenter le Congo dans le ciel africain et international. Sur quelles valeurs la compagnie s’appuie-t-elle aujourd’hui pour réaliser cette ambition ?

Réponse / Cécile SERAO

Notre ambition repose sur trois valeurs fondamentales qui structurent l’ensemble de nos actions.

La première est l’excellence du service. Nous plaçons nos passagers au cœur de toutes nos décisions. Notre objectif est d’offrir une expérience de voyage fluide, confortable et sécurisée, car chaque vol doit refléter le professionnalisme et la qualité de service qui caractérisent Air Congo.

La deuxième valeur est l’engagement et le respect. Nous cultivons une relation de confiance avec nos clients, nos employés et nos partenaires. La transparence, l’intégrité et le respect mutuel constituent les principes qui guident nos interactions au quotidien et qui renforcent la crédibilité de notre marque.

La troisième valeur est l’innovation et la croissance durable. Air Congo se veut une compagnie moderne, tournée vers l’avenir et capable de répondre aux besoins d’une Afrique en pleine transformation. Cela implique d’investir dans la technologie, de développer progressivement notre réseau et de contribuer activement au développement économique et à la connectivité du pays.

🅼anagement Times 3. En tant que Directrice commerciale, quels ont été pour vous les défis les plus marquants durant cette première année d’exploitation d’Air Congo ?

Réponse / Cécile SERAO

L’un des principaux défis a été de construire la confiance autour d’une nouvelle compagnie nationale. Il fallait démontrer, dès les premiers mois, que nous pouvions offrir des standards élevés en matière de sécurité, de ponctualité et de confort.

Un autre défi important a concerné la mise en place d’un réseau efficace. Il fallait trouver le bon équilibre entre le développement des liaisons domestiques, qui sont essentielles pour connecter les différentes provinces du pays, et la préparation de notre expansion régionale et internationale.

Le processus de check-in et l’expérience au sol ont également constitué un enjeu majeur. Pour améliorer l’accueil et la fluidité des départs, Air Congo a obtenu un terminal exclusif ainsi qu’un lounge Business Class à l’aéroport international de N’djili. Cette initiative permet d’offrir aux passagers un environnement plus confortable et une expérience de voyage plus sereine.

Le secteur aérien reste également marqué par des fluctuations de la demande et des contraintes opérationnelles importantes. S’adapter rapidement à ces réalités tout en maintenant un haut niveau de service a constitué un défi permanent. Ces expériences ont contribué à renforcer notre organisation et à affirmer progressivement l’identité d’Air Congo sur le marché africain.

🅼anagement Times 4. Depuis son lancement, Air Congo a progressivement développé son réseau domestique. Quelles sont aujourd’hui les principales villes desservies par la compagnie ?

Réponse / Cécile SERAO

Depuis son lancement, Air Congo a accordé une priorité stratégique au développement d’un réseau domestique solide afin de connecter efficacement les principales villes du pays.

Aujourd’hui, nous desservons régulièrement des destinations clés telles que Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani, Kolwezi, Kindu, Mbuji-Mayi, Kananga, Gemena, Mbandaka et Kalemie. Ces liaisons répondent à une demande croissante de mobilité intérieure et facilitent les déplacements professionnels, commerciaux et familiaux.

Parallèlement, nous préparons l’ouverture progressive de nouvelles destinations vers des villes encore enclavées comme Beni, Bunia, Isiro, Gbadolite, Matadi, Moanda et Lodja, avec l’objectif de contribuer au désenclavement de ces régions et de renforcer l’intégration économique nationale.

🅼anagement Times 5. Air Congo a récemment renforcé sa flotte avec l’arrivée d’un nouveau Boeing 737-800. Peut-on y voir la volonté de la compagnie d’étendre davantage son réseau, notamment vers de nouvelles destinations régionales ?

Réponse / Cécile SERAO

L’arrivée de notre nouveau Boeing 737-800 s’inscrit pleinement dans notre stratégie de consolidation et d’expansion. Il ne s’agit pas simplement d’un renforcement de la flotte, mais d’un véritable levier stratégique pour soutenir la croissance de la compagnie.

Cet appareil moderne et performant nous permet d’augmenter notre capacité opérationnelle, d’améliorer l’efficacité de nos opérations et d’envisager l’ouverture de nouvelles liaisons, tant domestiques que régionales. Notre objectif est de renforcer la connectivité de la RDC avec les grands centres économiques du continent et d’offrir aux voyageurs congolais davantage d’opportunités de déplacement, dans des conditions optimales de sécurité et de confort.

🅼anagement Times 6. Concrètement, quelle valeur ajoutée Air Congo va-t-elle apporter aux voyageurs congolais à travers ces nouvelles liaisons ?

Réponse / Cécile SERAO

Ces nouvelles liaisons représentent pour les voyageurs congolais une opportunité accrue de mobilité, un gain de temps et un niveau de confort amélioré.

Air Congo souhaite offrir des connexions directes vers des centres économiques stratégiques du continent, facilitant les déplacements professionnels, les voyages d’affaires, les échanges commerciaux ainsi que les liens culturels et familiaux. Au-delà de la connectivité, notre ambition est de proposer une expérience de voyage moderne, sécurisée et adaptée aux attentes de nos passagers, tant en cabine qu’au sol.

🅼anagement Times 7. Pourquoi ces destinations ont-elles été choisies comme premières portes d’entrée du réseau international?

Réponse / Cécile SERAO

Les premières destinations internationales ont été sélectionnées sur la base de plusieurs critères stratégiques, notamment leur dynamisme économique, la demande existante des voyageurs et les connexions qu’elles offrent vers d’autres hubs internationaux.

Des villes comme Johannesburg, Douala, Cotonou et Entebbe occupent une place importante dans les échanges économiques et commerciaux en Afrique. Elles constituent également des points de transit essentiels pour les voyageurs africains et la diaspora congolaise. Ces liaisons permettront de renforcer la mobilité régionale et de faciliter les opportunités d’affaires, d’études et de coopération entre la RDC et les autres pays du continent.

🅼anagement Times 8. Air Congo dispose-t-elle aujourd’hui des ressources humaines nécessaires pour accompagner cette expansion ?

Réponse / Cécile SERAO

Oui. L’expansion de notre flotte et de notre réseau s’accompagne d’un investissement important dans le capital humain.

Air Congo a recruté des pilotes expérimentés, des hôtesses et stewards qualifiés ainsi que du personnel technique spécialisé, afin de garantir le respect des normes les plus strictes en matière de sécurité et de qualité de service. La compagnie accorde également une grande importance à la formation continue, afin de développer les compétences de ses équipes et de préparer la prochaine génération de professionnels de l’aviation en République démocratique du Congo.

🅼anagement Times 9. Air Congo envisage-t-elle des offres promotionnelles pour accompagner l’ouverture de ces nouvelles destinations ?

Réponse / Cécile SERAO

Oui. Des tarifs promotionnels de lancement ainsi que certaines offres avantageuses sur les bagages et les services seront proposés afin d’encourager les voyageurs congolais à découvrir ces nouvelles destinations et à expérimenter la qualité de service Air Congo.

🅼anagement Times 10. Pour conclure, quel message souhaitez-vous adresser aux voyageurs, aux hommes d’affaires et à la diaspora congolaise ?

Air Congo est la compagnie nationale des Congolais, fière de représenter le pays dans le ciel africain et international.

Nous invitons tous les voyageurs : entrepreneurs, étudiants, professionnels, membres de la diaspora, organisations internationales ou institutions publiques à embarquer avec nous pour découvrir ces nouvelles opportunités de mobilité. Notre ambition est de rendre les déplacements plus simples, plus sûrs et plus agréables, tout en renforçant la connectivité et le rayonnement de la République démocratique du Congo. Nous remercions sincèrement nos passagers pour la confiance qu’ils nous accordent et nous restons pleinement engagés à améliorer continuellement nos services afin de mieux les servir.

L’hôtellerie, championne de l’expérience client: 9 pratiques que les banques devraient adopter

Dans de nombreuses économies émergentes, la question de l’expérience client est devenue un enjeu stratégique pour les entreprises. À mesure que les marchés s’ouvrent à la concurrence et que les consommateurs disposent de davantage d’informations et de moyens d’expression, la manière dont les organisations traitent leurs clients devient un facteur déterminant de leur réputation et de leur performance.

 Pourtant, dans de nombreux contextes, la culture du service reste encore insuffisamment développée. Les entreprises concentrent souvent leurs efforts sur l’offre de produits, les infrastructures ou les performances financières, tout en négligeant un élément fondamental : la qualité de l’expérience vécue par le client. Or, dans une économie de plus en plus orientée vers les services, l’expérience client ne constitue plus un simple élément périphérique ; elle devient un levier essentiel de différenciation et de fidélisation.

La République démocratique du Congo n’échappe pas à cette réalité. Dans plusieurs secteurs d’activité, les clients expriment régulièrement leur frustration face à la manière dont ils sont accueillis et pris en charge. Les files d’attente prolongées, le manque d’informations claires, les réponses tardives aux réclamations ou encore l’attitude parfois distante de certains agents contribuent à créer un sentiment d’insatisfaction.

Dans certains cas, les clients ont l’impression que leur temps n’est pas considéré comme précieux et que leurs préoccupations ne sont pas suffisamment prises en compte. Cette situation s’observe aussi bien dans certains services publics que dans des entreprises privées, y compris dans des secteurs qui reposent pourtant fortement sur la confiance et la relation avec les clients.

Le secteur bancaire constitue à cet égard un exemple particulièrement révélateur. Les banques occupent une position centrale dans l’économie moderne, car elles gèrent les ressources financières des individus et des entreprises.

 Cette responsabilité devrait naturellement s’accompagner d’une attention particulière portée à la qualité de la relation avec les clients. Pourtant, de nombreux usagers du système bancaire congolais rapportent des expériences parfois décevantes : longues attentes dans les agences, manque de clarté dans les procédures, difficulté à obtenir des réponses rapides aux préoccupations ou encore communication insuffisante lors de certaines opérations. Bien que plusieurs banques aient investi dans la digitalisation de leurs services et dans la modernisation de leurs infrastructures, l’expérience client reste encore marquée par des marges importantes d’amélioration.

Cette situation résulte-t-elle pas d’un manque de ressources ou de compétences techniques ? Non. Elle s’explique souvent par une culture organisationnelle dans laquelle le client n’est pas toujours placé au centre des priorités. Dans de nombreuses entreprises, les processus internes, les contraintes administratives ou les objectifs opérationnels prennent le pas sur la qualité de l’interaction avec le client.

Pourtant, l’expérience client dépend largement de l’attitude des employés, de leur capacité d’écoute et de leur volonté de résoudre les problèmes de manière proactive. Sans une véritable culture du service, les investissements technologiques ou les innovations produits ne suffisent pas à transformer durablement la relation avec les clients.

Pour comprendre comment certaines organisations parviennent à exceller dans ce domaine, il est utile de se tourner vers des secteurs qui ont fait de l’expérience client leur principal avantage concurrentiel.

L’industrie hôtelière constitue à cet égard une source d’inspiration particulièrement pertinente. Depuis longtemps, ce secteur a compris que la satisfaction du client ne dépend pas uniquement de la qualité du produit principal offert  la chambre ou l’hébergement mais de l’ensemble des interactions qui accompagnent le séjour. L’accueil, la disponibilité du personnel, la capacité à anticiper les besoins et l’attention portée aux détails contribuent tous à créer une expérience globale positive.

Des groupes internationaux comme Accor, Ritz-Carlton ou Marriott ont développé de véritables cultures du service pour garantir une expérience exceptionnelle à leurs clients. Accor, par exemple, a instauré la philosophie « Heartist », qui encourage les employés à agir comme des créateurs d’expérience plutôt que comme de simples exécutants. Ritz-Carlton s’appuie sur ses « Gold Standards », un ensemble de principes qui définissent les comportements attendus pour offrir un service d’excellence. Marriott, quant à lui, a développé la culture « Spirit to Serve », qui valorise l’authenticité et l’attention portée aux clients.

En s’inspirant de ces pratiques, les banques peuvent mettre en œuvre plusieurs actions concrètes pour améliorer l’expérience de leurs clients.

  1. Améliorer le premier contact avec le client


Dans l’hôtellerie, l’expérience commence bien avant l’arrivée du client. De la même manière, les banques doivent accorder une attention particulière au premier point de contact, qu’il s’agisse d’un appel téléphonique, d’un message sur les réseaux sociaux ou d’une visite en agence. Les réponses doivent être rapides, courtoises et cohérentes sur tous les canaux de communication.

  • Simplifier l’expérience digitale

Les hôtels ont compris que la réservation en ligne devait être simple et fluide. Les banques peuvent appliquer le même principe en rendant leurs applications mobiles, leurs sites web et leurs interfaces digitales plus simples, rapides et intuitifs pour les clients.

  • Personnaliser la relation avec les clients

Dans l’hôtellerie, les clients apprécient les attentions personnalisées. Les banques peuvent également utiliser les données dont elles disposent pour mieux comprendre les besoins de leurs clients et leur proposer des services adaptés à leur situation.

  • Accompagner les clients dans leurs décisions


Les hôtels envoient souvent des informations utiles aux voyageurs avant leur arrivée. Les banques peuvent adopter une approche similaire en partageant des conseils financiers, des guides d’investissement ou des informations pédagogiques pour aider les clients à mieux gérer leurs finances.

  • Créer des moments positifs inattendus


Dans l’hôtellerie, de petites attentions peuvent transformer une expérience ordinaire en moment mémorable. Les banques peuvent également créer des expériences positives, par exemple en envoyant des messages personnalisés à l’occasion de l’anniversaire d’un client ou en proposant des avantages inattendus.

  • Investir dans la formation des employés


La qualité du service dépend largement des compétences relationnelles des employés. Les banques doivent investir dans la formation continue de leurs équipes afin de développer les compétences d’écoute, d’empathie et de résolution de problèmes.

  • Valoriser les clients fidèles


Les hôtels récompensent souvent leurs clients réguliers par des avantages ou des programmes de fidélité. Les banques peuvent mettre en place des programmes similaires pour reconnaître et récompenser la fidélité de leurs clients.

  • Écouter activement les retours des clients


Les plateformes d’évaluation jouent un rôle essentiel dans l’amélioration de l’expérience client dans l’hôtellerie. Les banques peuvent également collecter et analyser les avis des clients afin d’identifier les points d’amélioration et d’ajuster leurs services.

  • Maintenir la relation après l’interaction

Dans l’hôtellerie, les clients reçoivent souvent un message de remerciement après leur séjour. Les banques peuvent adopter une approche similaire en envoyant des messages de suivi après certaines opérations importantes ou en remerciant les clients pour leur confiance.

En définitive, l’amélioration de l’expérience client ne relève pas uniquement d’une question de technologie ou d’investissement dans des infrastructures modernes. Elle repose avant tout sur une transformation de la culture organisationnelle et sur la manière dont les employés interagissent avec les clients au quotidien. L’exemple de l’industrie hôtelière montre que l’excellence du service est rarement le fruit du hasard. Elle résulte d’une vision claire, d’un engagement constant des dirigeants et d’un effort continu pour former, responsabiliser et valoriser les employés qui sont en contact direct avec les clients.

ARE : les premiers signaux d’une nouvelle dynamique — Soraya Aziz rencontre Tombola Muke de l’ENA

Quelques semaines après sa nomination à la tête de l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE), Madame Soraya Aziz a effectué l’une de ses premières visites institutionnelles à l’École Nationale d’Administration (ENA), dirigée par Monsieur Tombola Muke. Cette rencontre a permis aux deux responsables publics d’échanger autour d’un enjeu majeur de la gouvernance publique : la discipline de l’exécution.

L’ENA joue un rôle déterminant dans la formation et la professionnalisation des cadres supérieurs de l’État. L’institution contribue à installer au sein de l’administration une culture de gestion orientée vers les résultats, la rigueur dans les procédures et la responsabilité dans la conduite de l’action publique. L’ARE, de son côté, assure une mission stratégique de régulation du secteur de l’électricité. Elle veille à l’équilibre du marché, à la protection des consommateurs et à la création d’un cadre stable pour les investissements dans un secteur directement lié au développement économique.

Les échanges entre les deux responsables ont porté sur une question souvent identifiée comme la principale faiblesse de nombreuses administrations : la capacité à transformer les décisions en résultats concrets. Les politiques publiques sont souvent bien conçues. Les stratégies existent. La difficulté apparaît au moment de leur mise en œuvre. Sans mécanismes solides de suivi, de responsabilisation et d’évaluation, l’écart entre les décisions et les réalisations devient rapidement visible.

La littérature en sciences de gestion insiste sur cette distinction entre la formulation de la stratégie et son exécution. Larry Bossidy et Ram Charan expliquent dans leur ouvrage Execution: The Discipline of Getting Things Done que l’exécution constitue une discipline managériale à part entière. Elle repose sur la clarté des objectifs, la responsabilité des dirigeants et la mise en place de processus permettant de suivre les performances. Henry Mintzberg rappelle également que la stratégie prend réellement forme dans les actions quotidiennes des organisations et dans la manière dont les décisions sont appliquées sur le terrain.

Dans ce contexte, la rencontre entre l’ARE et l’ENA prend une dimension particulière. L’ENA agit comme un centre de formation des futurs dirigeants publics. Sous la direction de Tombola Muke, l’institution s’appuie sur des standards de gestion inspirés des normes internationales de management de la qualité. L’École Nationale d’Administration a obtenu en 2025 la certification ISO 9001, à l’issue d’un processus rigoureux de structuration des procédures, de formalisation des processus de travail et de mise en place de mécanismes d’amélioration continue.

À la tête de l’ARE, Soraya Aziz arrive avec une connaissance approfondie du secteur énergétique et des politiques de développement. Son parcours l’a conduite à travailler durant de nombreuses années sur les questions liées à l’énergie, à la gouvernance des ressources naturelles et aux partenariats dans les projets d’infrastructures. Cette expérience lui donne une compréhension directe des défis liés à l’électrification, aux investissements et à l’organisation du secteur.

La synergie entre les deux institutions peut contribuer à installer une culture administrative centrée sur la discipline de l’exécution, le suivi rigoureux des politiques publiques et l’évaluation des résultats. L’électricité demeure l’un des grands défis du développement. Une gouvernance plus efficace du secteur énergétique peut soutenir la croissance économique, renforcer l’attractivité du pays pour les investisseurs et améliorer les conditions de vie des populations.

Management Times soutient cette dynamique qui met l’accent sur la qualité de la gestion publique, la responsabilité des institutions et la recherche de résultats concrets au service des citoyens.

Hommage à dix femmes dirigeantes qui bâtissent le Congo de demain

« Nous avons besoin de femmes à tous les niveaux, y compris au sommet, pour changer la dynamique, remodeler la conversation et s’assurer que la voix des femmes soit entendue et prise en compte, et non ignorée. »

Sheryl Sandberg
Directrice des opérations Meta (2008-2022)


À vous, les femmes dirigeantes

À vous, femmes dirigeantes, aux visions éclatantes,
Qui guidez nos entreprises d’une main rassurante.
Dans les banques, les bureaux, les conseils éclairés,
Vous tracez pour le Congo des chemins inspirés.

Par le travail, l’exigence et la persévérance,
Vous montrez que diriger est d’abord une espérance.
Vos valeurs, votre courage, votre intégrité profonde
Font naître des modèles qui élèvent tout un monde.

Et quelque part, sans le savoir, dans une classe ou un quartier,
Des jeunes filles grandissent, les yeux pleins d’avenir à rêver.
Elles ne connaissent pas encore vos combats ni vos histoires,
Mais un jour elles verront en vous des repères et de l’espoir.
Car vos pas d’aujourd’hui, vos choix et vos combats
Dessinent pour le Congo le futur qui viendra.

Sophie KAFUTI – K.Marie-Chantal KanindaGisele LUTUNDULA NZ.Kadija SANGHO KEITA Tatiana Maresca Félicité Singa-Boyenge Marie-Gabrielle K. Sabine Mbangula, MBA Gisèle Bondo,MCIB Jessica Nyachiro

PME congolaises : sortir de la survie pour entrer dans la compétitivité — Entretien avec Cynthia Katanga

Les PME congolaises évoluent encore largement dans une logique de survie, une nouvelle génération de dirigeants tente d’imposer d’autres standards : gestion structurée, performance mesurable et vision internationale. Parmi ces profils émergents figure Cynthia Katanga, jeune dirigeante congolaise dont le parcours entre les États-Unis et la République démocratique du Congo illustre les mutations du leadership entrepreneurial africain. Installée aux États-Unis, elle a évolué au sein de Bank of America comme Spécialiste des opérations financières et de la conformité. Dans ce rôle, elle participe à l’application des réglementations KYC et AML, à l’analyse des transactions et à la gestion des risques opérationnels, tout en contribuant aux processus d’audit interne et au respect des normes réglementaires fédérales américaines.

Récemment nommée Country Director d’Elvanta Congo, filiale d’une entreprise américaine spécialisée dans les services de nettoyage et de facility management, elle pilote le développement des opérations de la société sur le marché congolais. L’entreprise accompagne des bureaux corporatifs, organisations internationales, sociétés minières et résidences d’expatriés dans les principaux centres économiques et miniers du pays un secteur où la qualité opérationnelle, la standardisation et la rigueur organisationnelle constituent des facteurs déterminants de compétitivité.

Cette expérience au sein de l’écosystème financier américain lui a permis de développer une forte culture de conformité réglementaire, de gestion du risque et d’analyse financière, des compétences essentielles dans les environnements bancaires internationaux. Son expérience inclut également des responsabilités en marketing digital, en communication et en gestion administrative, ainsi qu’un engagement associatif au sein de la communauté étudiante africaine aux États-Unis. Cette diversité de compétences nourrit aujourd’hui une approche du management orientée vers l’efficacité opérationnelle, l’innovation et l’adaptation aux réalités locales.

À travers son rôle chez Elvanta, Cynthia Katanga incarne une nouvelle génération de jeunes dirigeants africains qui transfèrent des standards internationaux vers les économies locales et contribuent à la transformation du tissu entrepreneurial. Son parcours pose une question centrale pour l’économie congolaise : comment passer d’entreprises organisées pour survivre à des organisations structurées pour croître et rivaliser à l’échelle internationale.

C’est dans cette perspective que nous l’avons rencontrée pour échanger autour du thème : « PME congolaises : sortir de la survie pour entrer dans la compétitivité », une réflexion qui invite à repenser les modèles de gestion, les stratégies de croissance et l’avenir des entreprises congolaises.

🅼 Vous êtes une jeune dirigeante évoluant entre les États-Unis et la RDC. Comment votre parcours international influence-t-il votre vision du développement des entreprises congolaises ?

Vivre et travailler entre les États-Unis et la RDC permet de constater deux réalités économiques très différentes. Aux États-Unis, les entreprises fonctionnent avec des procédures claires, des objectifs mesurables et une forte culture de performance. En RDC, beaucoup d’entreprises évoluent encore dans un environnement marqué par l’incertitude et l’improvisation, souvent liée à l’instabilité des règles et du cadre économique. Le véritable enjeu pour le Congo n’est donc pas seulement de faire du business, mais de construire un environnement économique prévisible et structuré. La compétitivité du pays viendra avant tout de l’adoption de méthodes, de standards, de discipline et d’une gouvernance moderne, adaptés à la réalité locale.

🅼 Aujourd’hui, comment décririez-vous la situation des PME congolaises : sont-elles encore dans une logique de survie ou observe-t-on une transition vers la compétitivité ?

La plupart des PME congolaises fonctionnent encore dans une logique de survie, concentrées sur la gestion des urgences et la continuité à court terme. Pourtant, le pays dispose d’une forte énergie entrepreneuriale. Le défi n’est pas le talent, mais sa transformation en organisations structurées et performantes. Avec un environnement plus stable et des règles économiques plus cohérentes, les entreprises peuvent devenir compétitives. Cette transition vers la compétitivité se construit progressivement, à travers des entreprises mieux organisées et un cadre économique plus prévisible.

🅼 Quels sont, selon vous, les principaux obstacles structurels qui freinent la croissance et la performance des PME en RDC ?

Les PME congolaises font face à plusieurs obstacles structurels : instabilité économique, accès limité au financement, complexité administrative et manque d’accompagnement managérial. À cela s’ajoutent le coût élevé de la logistique et l’insuffisance de la sécurité juridique, qui freinent l’investissement et la croissance. Les entrepreneurs ne demandent pas des privilèges, mais un environnement stable et prévisible. Le véritable défi est donc de passer d’une économie de survie et d’urgence à une économie fondée sur la planification et la prévisibilité.

🅼 Dans quelle mesure la qualité du management et de la gouvernance influence-t-elle la compétitivité des entreprises locales ?

Le management est au cœur de la performance d’une entreprise. Sans organisation, procédures claires, vision stratégique et discipline financière, même une entreprise qui a des clients reste fragile. La compétitivité ne commence pas dans les banques, mais dans les décisions et les méthodes des dirigeants. En RDC, le véritable capital rare n’est pas seulement l’argent, mais la capacité à structurer et à gérer efficacement. Un bon management peut transformer une petite activité en croissance durable, tandis qu’une mauvaise gestion peut conduire à l’échec, même avec des financements importants.

🅼 L’accès au financement est souvent présenté comme le principal défi. Est-ce réellement le frein majeur ou existe-t-il des enjeux plus profonds ?

Le financement est un levier important, mais il n’explique pas à lui seul les difficultés de nombreuses entreprises. Beaucoup échouent faute d’être réellement finançables : absence de comptabilité structurée, faiblesse des procédures internes et dépendance excessive à une seule personne. En RDC, la ressource la plus rare demeure souvent le capital managérial. Former des dirigeants compétents constitue ainsi une véritable réforme économique. Une entreprise dotée d’une gouvernance claire et de comptes transparents devient naturellement plus crédible et plus apte à accéder au financement, tant au niveau national qu’international.

🅼 Quel rôle l’innovation, la transformation digitale et la professionnalisation des opérations peuvent-elles jouer dans la transformation des PME congolaises ?

Le digital n’est pas un simple outil, mais un véritable accélérateur de performance. Il permet aux PME d’améliorer la gestion de leurs opérations, de suivre leurs dépenses, de réduire les pertes et d’accéder à de nouveaux marchés. Grâce à des outils simples comme la facturation, la gestion des stocks, le CRM ou le reporting, même une petite entreprise peut gagner en efficacité. En RDC, la transformation digitale constitue également un levier de transparence : mesurer permet de mieux contrôler, et mieux contrôler permet d’améliorer durablement la performance et la compétitivité.

🅼 Quelles stratégies concrètes les dirigeants de PME doivent-ils adopter aujourd’hui pour passer d’une logique de survie à une logique de croissance durable ?

Trois priorités s’imposent : sortir de la gestion au jour le jour, mettre de l’ordre dans les finances et investir dans les compétences. Cela passe par une comptabilité rigoureuse, des processus clairs, la construction d’une équipe et la diversification des clients. La survie est une réaction, tandis que la compétitivité est un choix stratégique qui se reflète dans les pratiques quotidiennes de gestion.

🅼 Le corridor de Lobito et le port en eau profonde de Banana sont présentés comme des projets structurants pour l’économie congolaise. Quelles opportunités concrètes ces infrastructures peuvent-elles offrir aux entreprises et aux PME congolaises en termes de compétitivité, de logistique et d’intégration dans les échanges régionaux et internationaux ?

Le corridor de Lobito et le port en eau profonde de Banana représentent des projets stratégiques susceptibles de renforcer la position commerciale de la RDC. Le corridor de Lobito peut réduire les coûts logistiques, faciliter l’accès aux marchés internationaux et offrir des opportunités aux PME dans des secteurs comme la logistique, le transport, l’entreposage ou les services. De son côté, le port de Banana pourrait améliorer la fluidité des échanges, diminuer la dépendance aux infrastructures étrangères et accroître l’attractivité du pays pour les investisseurs.

Cependant, ces infrastructures ne produiront pleinement leurs effets que si les entreprises congolaises sont capables de répondre aux standards internationaux en matière de qualité, de conformité et d’organisation. Elles représentent ainsi une opportunité majeure, mais aussi un test de maturité pour le tissu entrepreneurial congolais.

🅼 Quel conseil donneriez-vous aujourd’hui aux jeunes entrepreneurs, comme vous, qui souhaitent bâtir des entreprises solides et durables en RDC ?

Humblement, je dirais aux jeunes entrepreneurs de construire des entreprises structurées, même s’ils commencent seuls. Il est essentiel de tenir une comptabilité rigoureuse, de fixer des objectifs, de mesurer ses résultats et de se former en permanence. La discipline de gestion est souvent le premier fondement de la réussite.

Mais surtout, je leur conseillerais de travailler avec intégrité. En RDC, l’intégrité n’est pas seulement une valeur morale, c’est aussi un avantage stratégique : elle attire les bons partenaires, protège la réputation et permet de bâtir un succès durable. Le Congo a besoin d’entreprises qui créent des emplois, respectent leurs engagements et deviennent des modèles. L’ambition et l’intégrité peuvent aller ensemble, et elles doivent aller ensemble.

Roy Bondo: L’histoire derrière deux décennies d’excellence dans la finance d’entreprise

Il y a d’abord un jeune élève, dans une salle de classe de l’ITC Kongolo, au début des années 1990. Un tableau noir, des chiffres tracés à la craie, les premières notions de comptabilité à assimiler. De 1990 à 1995, il apprend la discipline des comptes, la logique des débits et des crédits, la précision des écritures comptables.

À Kongolo, le climat est tempéré, avec des nuits parfois froides. Les routes sont poussiéreuses, le rythme est simple. Le jeune étudiant suit son parcours, apprend ses leçons, avance dans ses études sans encore imaginer ce que ces années préparent pour lui. Il ne sait pas encore où ces apprentissages le conduiront.

Il découvre la documentation commerciale les bases des mathématiques financières, la dactylographie. Il apprend à établir un bilan, à comprendre un compte de résultats, à se familiariser avec les mécanismes fondamentaux de la gestion et de la comptabilité. Jour après jour, il acquiert les bases avec patience et application.

Puis vient Lubumbashi.

Appelée la capitale du cuivre. Une ville marquée par l’histoire industrielle, par les convois de minerais, par la poussière rouge qui colore les routes et les chaussures, par les campus étendus et les rêves plus vastes.

À l’Université de Lubumbashi, entre 1997 et 2002, il étudie la finance et l’économie appliquée. Les amphithéâtres l’initient aux mécanismes économiques, aux théories de marché, aux modèles mathématiques et aux structures financières. Il découvre que la finance ne se limite pas à des techniques comptables : elle permet de comprendre les dynamiques économiques et les décisions organisationnelles.

Dans les bibliothèques, entre les ouvrages d’économie et les manuels de gestion, se dessine progressivement la trajectoire d’un futur dirigeant financier, sans qu’il en ait encore conscience.

Ce jeune élève de Kongolo deviendra l’homme des grandes décisions financières. Mais à cet instant précis, il apprend. Il observe. Il construit.

Le reste viendra.

Les premières responsabilités : la finance appliquée aux projets

Au début des années 2000, après ses études universitaires, Roy Bondo entame sa carrière comme comptable de projet au Centre d’Études et de Gestion des Projets (CEDEGEP) à Kinshasa.

Il participe à la préparation et à la structuration de projets communautaires et de protection sociale selon les cadres du BCECO et de la Commission européenne. Il suit l’exécution des projets sur le terrain, défend les propositions auprès des bailleurs de fonds et contribue à l’élaboration de dossiers d’appel d’offres pour la passation de marchés publics. Il travaille également sur des analyses financières incluant la détermination de la valeur actuelle nette (VAN) des projets.

Cette première expérience l’initie à la finance appliquée au développement, à la gestion de projets complexes et à la responsabilité financière liée à l’utilisation des fonds.

L’entrée dans l’industrie extractive

La suite de son parcours s’inscrit dans l’industrie minière, un environnement exigeant où les enjeux financiers sont considérables et où la précision constitue une nécessité permanente.

Il occupe d’abord des fonctions de contrôleur de gestion, notamment à Kananga et Mbujimayi, où il supervise les opérations financières, la gestion des ressources humaines, la fiscalité, les procédures comptables et les audits externes. Il participe à l’élaboration de manuels de procédures financières et à la clôture des comptes annuels.

Son expertise le conduit ensuite à des fonctions de direction financière au sein de sociétés liées au groupe De Beers en République Démocratique du Congo. Il y supervise la trésorerie, les budgets d’exploration, la gestion fiscale, la paie du personnel, les opérations logistiques et les audits externes, tout en mettant en place des systèmes de contrôle interne.

Il poursuit son parcours comme directeur financier chez Gem Diamonds DRC, où il gère plusieurs sociétés minières, coordonne les investissements, supervise les flux financiers nationaux et internationaux et assure la conformité fiscale et réglementaire des opérations.

Une expérience en cabinet d’audit et de conseil

En 2010, Roy Bondo rejoint KPMG RDC comme Tax Advisor, Admin and Finance Manager. Il y coordonne les missions de gestion des risques, supervise les opérations administratives et financières, assure le reporting au siège régional et participe aux missions de revue fiscale et juridique. Cette expérience renforce sa capacité d’analyse organisationnelle et sa compréhension des mécanismes de gouvernance d’entreprise.

Depuis novembre 2010, Roy Bondo exerce les fonctions de Directeur Administratif et Financier en République Démocratique du Congo au sein de Kibali Goldmines SA, l’une des principales opérations minières du pays.

À ce poste, il assure la conformité financière et réglementaire, supervise les systèmes de contrôle interne, pilote la gestion fiscale, coordonne les relations avec les administrations congolaises et ougandaises, supervise la comptabilité des entités locales et accompagne la clôture mensuelle des comptes selon les standards du groupe. Il dirige également la gestion administrative des opérations, la paie du personnel, le développement des équipes et la supervision des bureaux régionaux.

Sa responsabilité engage la stabilité financière, la transparence et la crédibilité institutionnelle de l’organisation.

Rigueur, expertise et foi au service de l’excellence financière

Ceux qui travaillent avec Roy Bondo décrivent un professionnel doté d’une maîtrise des mécanismes financiers modernes. Normes IFRS, consolidation de comptes, reporting financier, gestion de trésorerie multi-entités, pilotage budgétaire, contrôle interne et fiscalité minière font partie de ses domaines d’expertise.

 Dans un secteur caractérisé par des investissements lourds et des exigences réglementaires élevées, sa capacité à structurer les processus financiers et à sécuriser les opérations constitue un facteur clé de stabilité organisationnelle.

Au-delà de l’expertise comptable, Roy Bondo possède également une solide compréhension des mécanismes économiques. Il analyse les structures de coûts, les incitations organisationnelles, l’allocation des ressources et les décisions d’investissement, donnant à la fonction financière une dimension stratégique qui éclaire les orientations des organisations qu’il accompagne. Les collaborateurs que nous avons pu questionner décrivent un travailleur infatigable, profondément attaché à la qualité du travail accompli.

Selon eux, il poursuit l’analyse d’un dossier jusqu’à son achèvement complet, accorde une attention constante aux détails et maintient une discipline professionnelle rigoureuse. Ils soulignent aussi une autre dimension de son leadership : l’accompagnement des équipes. Il encourage ses collaborateurs à progresser, à assumer davantage de responsabilités et à développer leurs compétences, privilégiant la croissance collective et l’émergence des talents.

Lorsqu’il évoque son parcours, Roy Bondo rappelle souvent que les pas des hommes sont guidés par Dieu, une conviction qui nourrit son humilité et donne un sens profond à son engagement professionnel. Pour lui, le travail, la compétence et la discipline comptent, mais la trajectoire dépasse la seule volonté humaine. Du jeune élève de Kongolo au dirigeant financier de multinationales, son parcours s’est construit étape par étape, chaque expérience renforçant la suivante, chaque responsabilité élargissant son champ d’action.

Son histoire montre que l’excellence ne se proclame pas : elle se construit dans le temps, par le travail, la discipline et la persévérance  jour après jour, décision après décision.

 Et l’histoire continue.

Trust The process

À partir de quand la longévité d’un dirigeant compétent devient-elle un risque ?

La stabilité du leadership a longtemps été associée à la performance organisationnelle. Des travaux empiriques montrent qu’un dirigeant en poste sur une durée suffisante peut développer une connaissance approfondie de l’entreprise et du marché, favorisant des décisions stratégiques cohérentes (Hermalin, 2012). Cette vision rejoint certaines analyses de la gouvernance qui soulignent l’importance de la continuité pour la création de valeur à long terme (Jensen & Meckling, 1976).

Cependant, la littérature contemporaine met en évidence un paradoxe. La longévité peut générer une dépendance informationnelle et réduire la capacité du conseil d’administration à exercer une fonction de contrôle critique (Hermalin & Weisbach, 2003). Plus le dirigeant reste en poste, plus il accumule un pouvoir informationnel qui peut limiter la diversité des perspectives. Le board, au lieu de challenger la stratégie, risque de se transformer en organe de validation.

Ce phénomène ne signifie pas que la longévité soit intrinsèquement négative. Des dirigeants emblématiques ont démontré qu’une vision de long terme peut générer une création de valeur durable (Collins, 2001).

L’exemple de certaines entreprises ayant traversé plusieurs cycles économiques illustre la capacité d’un leadership stable à maintenir une orientation stratégique cohérente. Néanmoins, la gouvernance moderne doit éviter que la stabilité ne se transforme en rigidité.

Gouvernance et asymétrie d’information

L’un des concepts centraux de la théorie de l’agence est l’asymétrie d’information (Jensen & Meckling, 1976). Le dirigeant dispose d’informations que le conseil d’administration ne possède pas toujours en totalité. Cette asymétrie est nécessaire pour la prise de décision, mais elle peut aussi réduire la capacité du board à exercer un contrôle efficace.

Les travaux de Hermalin soulignent que la dépendance informationnelle peut s’accentuer avec le temps (Hermalin, 2012). Le dirigeant devient la principale source d’analyse stratégique, et le conseil d’administration peut perdre sa capacité à confronter les hypothèses. La gouvernance se transforme alors en un mécanisme de ratification plutôt qu’en un processus de décision collective.

Le cycle de performance du leadership

La performance d’un dirigeant n’est pas nécessairement linéaire. Les recherches en stratégie suggèrent souvent une courbe en cloche. Les premières années sont marquées par l’apprentissage et la transformation. La phase médiane correspond à une période d’alignement entre vision et exécution. Avec le temps, toutefois, certaines organisations peuvent faire face à un risque de rigidité (Schein, 2010).

Ce risque ne découle pas uniquement de la durée du mandat, mais également du contexte organisationnel. Un marché en mutation rapide exige une capacité d’adaptation constante. Les entreprises qui réussissent à long terme sont celles qui combinent stabilité et innovation (Teece, 2010). La gouvernance doit donc favoriser l’apprentissage continu et l’ouverture aux nouvelles idées.

La littérature sur l’innovation souligne que les organisations trop centrées sur leurs pratiques historiques peuvent perdre en agilité (Christensen, 1997). L’innovation disruptive ne provient pas toujours des acteurs établis, mais souvent de nouveaux entrants capables de repenser les modèles existants. Un leadership qui ne tient pas compte de ces évolutions peut voir sa stratégie devenir progressivement obsolète.

Vers une gouvernance dynamique

La réponse au risque d’inertie ne consiste pas à privilégier systématiquement le changement de dirigeant. La stabilité a une valeur propre. Elle permet d’assurer la continuité stratégique et de renforcer la confiance des parties prenantes. Toutefois, cette stabilité doit s’accompagner de mécanismes de gouvernance capables d’assurer l’adaptation.

Une gouvernance dynamique repose sur plusieurs principes :

  1. Évaluation continue

La performance doit être mesurée de manière objective, à travers des indicateurs financiers et non financiers. L’évaluation externe peut compléter les analyses internes et renforcer la crédibilité du processus.

  1. Planification de la succession

Le débat sur la succession ne doit pas être perçu comme un signe de faiblesse. Il s’agit d’un élément de gouvernance responsable. Un plan de succession clair garantit la pérennité de l’organisation.

  1. Diversité des perspectives

Un conseil d’administration composé de membres aux expériences variées peut mieux anticiper les risques et opportunités. La diversité cognitive favorise la prise de décision.

  1. Contradiction constructive

Le rôle du board n’est pas de s’opposer au dirigeant, mais de challenger la stratégie lorsque cela est nécessaire. La contradiction constructive améliore la qualité des décisions.

Ces principes s’inscrivent dans une vision moderne de la gouvernance, où le contrôle et l’innovation ne sont pas antagonistes mais complémentaires.

Conclusion

La longévité du leadership constitue un sujet complexe. Elle peut être un moteur de création de valeur lorsqu’elle s’accompagne d’une vision stratégique cohérente et d’une gouvernance robuste. Mais elle peut aussi générer des risques d’inertie et de dépendance informationnelle.

Les travaux de gouvernance, notamment ceux de Hermalin, mettent en lumière l’importance des contre-pouvoirs et de la diversité des perspectives. Un conseil d’administration efficace ne se contente pas de valider les décisions : il joue un rôle actif dans l’analyse stratégique et la gestion des risques.

Le défi pour les organisations contemporaines consiste à trouver un équilibre entre continuité et adaptation. La stabilité n’est pas incompatible avec l’innovation, à condition que la gouvernance reste dynamique. Les entreprises qui réussiront dans le long terme seront celles qui sauront conjuguer expérience et ouverture au changement.