En janvier dernier, Management Times RDC a mené une enquête à Kinshasa afin d’évaluer l’impact des embouteillages sur la productivité des professionnels.
Les résultats de ce sondage mettent en lumière une réalité largement partagée par les actifs kinois. 57 % des professionnels interrogés déclarent constater une baisse de leur productivité matinale directement liée aux embouteillages. Retards, fatigue précoce, stress et désorganisation des premières heures de travail constituent autant de freins invisibles à la performance individuelle et collective.
Au-delà du simple temps perdu en trafic, les embouteillages exercent un impact psychologique mesurable, qui se répercute sur l’efficacité au bureau. Plusieurs études corroborent ce constat. Des travaux empiriques montrent que plus l’exposition aux embouteillages est fréquente, plus le stress perçu augmente, affectant la concentration, les capacités de prise de décision et, de fait, la productivité professionnelle.¹
D’autres recherches ont documenté comment la congestion routière est associée à des niveaux accrus d’anxiété, de frustration et de fatigue émotionnelle, des facteurs qui se répercutent sur le bien-être mental des usagers et sur leur performance au travail. Ces effets psychologiques ne sont pas anecdotiques : ils s’inscrivent dans une dynamique qui, cumulée jour après jour, peut fragiliser l’efficacité au sein des organisations.
Dans certains cas, l’exposition chronique à des embouteillages intensifs peut même être liée à des troubles du sommeil et à une augmentation de l’état d’épuisement cognitif, réduisant la capacité à maintenir une performance soutenue tout au long de la journée.
Pour les entreprises, ce phénomène représente un coût indirect mais structurel, souvent sous-estimé dans les calculs traditionnels de productivité. La congestion matinale ne réduit pas seulement les heures de travail effectif : elle fragmente aussi l’état mental des collaborateurs avant même que leur journée professionnelle ne commence.
Face à cette réalité, la question se pose : les entreprises privées peuvent-elles prêter main-forte à l’État pour contribuer à la résolution de ce problème ?
Stress, traffic congestion and productivity: An empirical analysis



