Il y a d’abord un jeune élève, dans une salle de classe de l’ITC Kongolo, au début des années 1990. Un tableau noir, des chiffres tracés à la craie, les premières notions de comptabilité à assimiler. De 1990 à 1995, il apprend la discipline des comptes, la logique des débits et des crédits, la précision des écritures comptables.
À Kongolo, le climat est tempéré, avec des nuits parfois froides. Les routes sont poussiéreuses, le rythme est simple. Le jeune étudiant suit son parcours, apprend ses leçons, avance dans ses études sans encore imaginer ce que ces années préparent pour lui. Il ne sait pas encore où ces apprentissages le conduiront.
Il découvre la documentation commerciale les bases des mathématiques financières, la dactylographie. Il apprend à établir un bilan, à comprendre un compte de résultats, à se familiariser avec les mécanismes fondamentaux de la gestion et de la comptabilité. Jour après jour, il acquiert les bases avec patience et application.
Puis vient Lubumbashi.
Appelée la capitale du cuivre. Une ville marquée par l’histoire industrielle, par les convois de minerais, par la poussière rouge qui colore les routes et les chaussures, par les campus étendus et les rêves plus vastes.
À l’Université de Lubumbashi, entre 1997 et 2002, il étudie la finance et l’économie appliquée. Les amphithéâtres l’initient aux mécanismes économiques, aux théories de marché, aux modèles mathématiques et aux structures financières. Il découvre que la finance ne se limite pas à des techniques comptables : elle permet de comprendre les dynamiques économiques et les décisions organisationnelles.
Dans les bibliothèques, entre les ouvrages d’économie et les manuels de gestion, se dessine progressivement la trajectoire d’un futur dirigeant financier, sans qu’il en ait encore conscience.
Ce jeune élève de Kongolo deviendra l’homme des grandes décisions financières. Mais à cet instant précis, il apprend. Il observe. Il construit.
Le reste viendra.
Les premières responsabilités : la finance appliquée aux projets
Au début des années 2000, après ses études universitaires, Roy Bondo entame sa carrière comme comptable de projet au Centre d’Études et de Gestion des Projets (CEDEGEP) à Kinshasa.
Il participe à la préparation et à la structuration de projets communautaires et de protection sociale selon les cadres du BCECO et de la Commission européenne. Il suit l’exécution des projets sur le terrain, défend les propositions auprès des bailleurs de fonds et contribue à l’élaboration de dossiers d’appel d’offres pour la passation de marchés publics. Il travaille également sur des analyses financières incluant la détermination de la valeur actuelle nette (VAN) des projets.
Cette première expérience l’initie à la finance appliquée au développement, à la gestion de projets complexes et à la responsabilité financière liée à l’utilisation des fonds.
L’entrée dans l’industrie extractive
La suite de son parcours s’inscrit dans l’industrie minière, un environnement exigeant où les enjeux financiers sont considérables et où la précision constitue une nécessité permanente.
Il occupe d’abord des fonctions de contrôleur de gestion, notamment à Kananga et Mbujimayi, où il supervise les opérations financières, la gestion des ressources humaines, la fiscalité, les procédures comptables et les audits externes. Il participe à l’élaboration de manuels de procédures financières et à la clôture des comptes annuels.
Son expertise le conduit ensuite à des fonctions de direction financière au sein de sociétés liées au groupe De Beers en République Démocratique du Congo. Il y supervise la trésorerie, les budgets d’exploration, la gestion fiscale, la paie du personnel, les opérations logistiques et les audits externes, tout en mettant en place des systèmes de contrôle interne.
Il poursuit son parcours comme directeur financier chez Gem Diamonds DRC, où il gère plusieurs sociétés minières, coordonne les investissements, supervise les flux financiers nationaux et internationaux et assure la conformité fiscale et réglementaire des opérations.
Une expérience en cabinet d’audit et de conseil
En 2010, Roy Bondo rejoint KPMG RDC comme Tax Advisor, Admin and Finance Manager. Il y coordonne les missions de gestion des risques, supervise les opérations administratives et financières, assure le reporting au siège régional et participe aux missions de revue fiscale et juridique. Cette expérience renforce sa capacité d’analyse organisationnelle et sa compréhension des mécanismes de gouvernance d’entreprise.
Depuis novembre 2010, Roy Bondo exerce les fonctions de Directeur Administratif et Financier en République Démocratique du Congo au sein de Kibali Goldmines SA, l’une des principales opérations minières du pays.
À ce poste, il assure la conformité financière et réglementaire, supervise les systèmes de contrôle interne, pilote la gestion fiscale, coordonne les relations avec les administrations congolaises et ougandaises, supervise la comptabilité des entités locales et accompagne la clôture mensuelle des comptes selon les standards du groupe. Il dirige également la gestion administrative des opérations, la paie du personnel, le développement des équipes et la supervision des bureaux régionaux.
Sa responsabilité engage la stabilité financière, la transparence et la crédibilité institutionnelle de l’organisation.
Rigueur, expertise et foi au service de l’excellence financière
Ceux qui travaillent avec Roy Bondo décrivent un professionnel doté d’une maîtrise des mécanismes financiers modernes. Normes IFRS, consolidation de comptes, reporting financier, gestion de trésorerie multi-entités, pilotage budgétaire, contrôle interne et fiscalité minière font partie de ses domaines d’expertise.
Dans un secteur caractérisé par des investissements lourds et des exigences réglementaires élevées, sa capacité à structurer les processus financiers et à sécuriser les opérations constitue un facteur clé de stabilité organisationnelle.
Au-delà de l’expertise comptable, Roy Bondo possède également une solide compréhension des mécanismes économiques. Il analyse les structures de coûts, les incitations organisationnelles, l’allocation des ressources et les décisions d’investissement, donnant à la fonction financière une dimension stratégique qui éclaire les orientations des organisations qu’il accompagne. Les collaborateurs que nous avons pu questionner décrivent un travailleur infatigable, profondément attaché à la qualité du travail accompli.
Selon eux, il poursuit l’analyse d’un dossier jusqu’à son achèvement complet, accorde une attention constante aux détails et maintient une discipline professionnelle rigoureuse. Ils soulignent aussi une autre dimension de son leadership : l’accompagnement des équipes. Il encourage ses collaborateurs à progresser, à assumer davantage de responsabilités et à développer leurs compétences, privilégiant la croissance collective et l’émergence des talents.
Lorsqu’il évoque son parcours, Roy Bondo rappelle souvent que les pas des hommes sont guidés par Dieu, une conviction qui nourrit son humilité et donne un sens profond à son engagement professionnel. Pour lui, le travail, la compétence et la discipline comptent, mais la trajectoire dépasse la seule volonté humaine. Du jeune élève de Kongolo au dirigeant financier de multinationales, son parcours s’est construit étape par étape, chaque expérience renforçant la suivante, chaque responsabilité élargissant son champ d’action.
Son histoire montre que l’excellence ne se proclame pas : elle se construit dans le temps, par le travail, la discipline et la persévérance jour après jour, décision après décision.
Et l’histoire continue.
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